Modernité Française 1950-1970

La création française des années 1950-1970 en terme de mobilier et d'objets de décoration fut riche. Certains jeunes créateurs ont apporté un vent de renouveau, notamment en s'inscrivant en héritiers et dignes successeurs de l'Union des Artistes Modernes. En voici un aperçu, avec des designers et des céramistes que nous affectionnons particulièrement. 

Pierre Paulin (1927-2009)

Pierre Paulin étudie la taille de la pierre à Beaune et le modelage de la terre à Vallauris, avant d'entrer à l'école Camondo en 1951. Il a pour professeur Maxime Old, qui l'encourage à faire un stage chez Marcel Gascoin. Après un bref passage dans l'atelier de Gascoin aux côtés de Motte, Guariche et Mortier, Paulin voyage en Suède afin de comprendre la modernité nordique.

 

 

En 1953, il expose pour la première fois au Salon des Arts Ménagers dans la section « le Foyer d'aujourd'hui » et ses réalisations retiennent l'attention de la firme Thonet. Jusqu'au milieu des années 60, Paulin dessine des bureaux et de sièges pour Thonet France. Dans les ateliers Thonet, un premier siège monocoque, le fauteuil de repos CM137 est significatif de la direction qu'il va adopter.

 

Au même moment, il dessine un siège en cuir tendu novateur, le fauteuil Anneau, édité par Meubles T.V et par AP Polak aux Pays-Bas. Son ouverture aux technologies avancées lui fait expérimenter en pionnier un programme de sièges constitués d'une structure métallique recouverte par de nouveaux tissus élastiques, amorcé par la chauffeuse CM194, éditée par Thonet en 1959.

 

Pierre Paulin entame à la fin des années 50 une collaboration avec Artifort aux Pays-Bas. Il dessine en 1959 le fauteuil Mushroom, en 1963 la chauffeuse Tongue et le Ribbon Chair en 1966 avec lequel il obtient le prix du Chicago Design Award.

 

A la fin des années 60, Pierre Paulin, designer de mobilier mais aussi designer d'espace, participe à l'aménagement de l'aile Denon du musée du Louvre et à celui du salon d'honneur du Pavillon français de l'exposition universelle d'Osaka de 1970. L'aboutissement de son travail d'architecture d'intérieur réside dans l'aménagement des appartements privés de l'Elysée pour Georges Pompidou.

 

 

Pierre Paulin reçoit le prix René-Gabriel en 1960.  

Pierre Guariche (1926-1995)

Après des études d'ingénieur à l'école Bréguet, Pierre Guariche entre à l'ENSAD, section architecture d'intérieur. Diplômé en 1949, il est engagé 2 ans chez Marcel Gascoin, puis s'installe à son compte. Passionné dès ses débuts par l'étude du mobilier de série, il réalise pour la société Airborne la gamme Prefacto, diffusée par la galerie MAI.

 

Guariche excelle aussi dans le domaine du luminaire. Il crée une vingtaine de modèles pour Disderot, notamment un lampadaire à double balancier et l'applique Cerf-volant en 1953. En 1951, il entame une collaboration avec Steiner et élabore l'une des premiers chaises en contreplaqué moulé, la chaise Papyrus puis les chaises Tonneau et Tulipe

 

En 1954, il s'associe avec Michel Mortier et Joseph-André Motte, fondant ensemble le groupe A.R.P, Atelier de recherche plastique. Après la dissolution du groupe en 1957, Guariche prend la direction artistique de l'usine belge d'ameublement Meurop, spécialisée dans le meuble de série peu onéreux, sans toutefois cesser de collaborer avec ses éditeurs français, Airborne, Steiner et Les Huchers-Minvielle.

 

Au cours des années 1960, Pierre Guariche s'oriente aussi vers l'architecture d'intérieur et participe à l'essor des villes nouvelles. Il réalise l'aménagement de la Maison de la culture de Firminy, un programme d'équipement pour la station de sports d'hiver La Plagne, l'aménagement du palais de Justice d'Evry et de la préfecture de l'Essonne.

En 1965, Pierre Guariche reçoit le prix René-Gabriel.  

André Monpoix (1925-1976)

Diplômé de l'ENSAD en 1949, André Monpoix entre chez Jacques Dumond qui lui apprend les bases du métier. Il ouvre un bureau d'étude rue de Tournon, qu'il partage avec sa femme, la créatrice de textiles Geneviève Dupeux (1924-2009). Il débute au Salon des Arts Ménagers en 1951 en exposant des meubles de série en bois naturel. Rapidement, son style s'affirme dans la rigueur et la sobriété.

 

L'une de ses plus belles réussites est une chauffeuse à piètement métallique tendue de fil de plastique isogaine, présentée au SAM en 1954 et fabriquée par Meubles T.V, son principal éditeur. Il réalise au cours des années 50 pour Meubles T.V une série de meubles en bois et métal, à la fois fonctionnels et minimalistes, parmi lesquels une coiffeuse, une commode et une table basse.

 

André Monpoix s'occupe également d'aménagements intérieurs. Avec Joseph-André Motte il aménage une partie de l'aéroport d'Orly. Son travail est récompensé par le prix René-Gabriel en 1962.  

Mathieu Matégot (1910-2001)

Né en Hongrie, Mathieu Matégot étudie à l'école des Beaux-arts de Budapest, puis débute une carrière de décorateur de théâtre. Après s'être fixé en France en 1931, il entre comme étalagiste aux Galeries Lafayette, tout en concevant à partir de 1933 des meubles en rotin montés sur métal.

 

Engagé volontaire, il est fait prisonnier en Allemagne et est affecté à une usine de construction mécanique. A la Libération, marqué par le travail de la tôle perforée pendant sa captivité, il dessine des meubles, luminaires et petits accessoires en tôle perforée, qu'il nomme rigitulle. L'activité de la société Matégot est fleurissante durant les années 1950. Les étagères Dedal, la chaise Nagasaki ou la bibliothèque Biblio-démon sont des modèles emblématiques de cette période.

 

Parallèlement, le peintre qu'il ne cessera d'être s'oriente vers la tapisserie. Premier peintre cartonnier non figuratif, il collabore dès 1945 avec François Tabard à Aubusson et devient membre de l'Association des peintres cartonniers de tapisserie.

 

En 1952, il devient membre de la Société des artistes décorateurs et expose régulièrement dans les salons. En 1958 il reçoit le diplôme d'honneur à l'Exposition universelle de Bruxelles. A partir de 1959, Mathieu Matégot cesse d'éditer des meubles mais poursuit son métier de décorateur et de créateur de tapisseries.  

Roger Capron (1922-2006)

De 1939 à 1944 Roger Capron suit l'enseignement de l'Ecole des arts appliqués de Paris, avec Robert Picault et Jean Derval. En 1946, Roger Capron s'installe à Vallauris et créé l'atelier Callis avec Picault. Les partenaires se séparent en 1952, date à laquelle Capron fonde sa propre entreprise. Son désir de fabriquer industriellement des pièces, qui conservent la qualité de l'artisanat, le conduit à s'orienter vers une production de série.

 

Il réalise des pièces de formes, comme des coupes, des vases, des bouteilles, des cendriers ou des pieds de lampe. Ces collections, constituées de modèles de base dont il modifie les décors, sont parfois enrichies de nouvelles formes. Vers 1953 apparaît l'émail blanc obtenu par trempage, qui fera la reconnaissance de Capron, associé aux fameux motifs pavés et rayés dont le relief est obtenu grâce à l'usage de réserves de paraffine.

 

Parallèlement il développe de belles pièces, plutôt réservées aux expositions qu'à la commercialisation, dans lesquelles son graphisme sûr s'approprie magnifiquement des scènes de l'Antique, appliquées au pinceau. A la fin des années 50, si l'émail blanc disparaît progressivement au profit de couleurs fortes – orange, rouge, jaune – Capron continue à utilise les réserves à la paraffine pour l'obtention de reliefs.

 

A partir de 1963, Capron abandonne progressivement les pièces de formes pour créer des revêtements muraux composés d'éléments combinables, de carreaux colorés, aux décors variés. Ces gammes de carreaux sont également déclinées en tables basses, notamment les modèles Navette et Planète. Il signe de nombreuses réalisations architecturales, comme une fresque extérieure pour la gare maritime de Cannes en 1957 ou le patio de l'hôtel Byblos à Saint-Tropez en 1968.

 

Roger Capron participe aux manifestations internationales d'arts décoratifs, notamment au Salon des métiers d'art de Paris où il présente à chaque édition de nouvelles collections, étendant ainsi son réseau de distributeurs. A la Triennale de Milan il obtient une médaille d'or en 1954.  

Jacques (1926-2008) & Dani (1933-2010) Ruelland

Jacques Ruelland suit les cours de l'Ecole des beaux-arts de Paris, section peinture, tandis que Dani travaille dans un atelier de sculpture. Réunis par leur intérêt pour la céramique, qui allie les problèmes de volume, de matière et de couleurs, ils commencent à travailler ensemble dans un atelier rue de Buci à Paris au début des années 50.

 

Les premières œuvres des Ruelland évoquent la céramique développée à Vallauris, tant par les formes que par l'aspect utilitaire. Dès 1955, leur travail spécifique se précise. Les Ruelland produisent avec succès des bouteilles, vases, pieds de lampes, coupes aux couleurs vives. Turquoise, vert pomme, orange, jaune, rouge, les couleurs sont sublimées par des émaux brillants dont ils ont le secret. Ces pièces conçues comme des ensembles ne sont pas tournées mais modelées une à une.

 

A partir de 1959, ils participent régulièrement au Salon des artistes décorateurs et exposent par la suite aux Etats-Unis ou au Japon. Leurs pièces sont diffusées par l'intermédiaire de galeries d'art et de mobilier moderne, autant à Paris qu'en province.

Ils quittent Paris en 1970 pour s'installer aux Angles près d'Avignon.

 

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